Militaires, policiers, pompiers : ils ont porté l’uniforme et consenti au sacrifice pour notre sécurité collective. Aujourd’hui, la Fondation Résilience les accompagne vers une nouvelle vie. En partenariat avec le MEDEF, nous invitons les entreprises à devenir les acteurs clés de cette reconstruction. Plus qu’un mécénat, une alliance de valeurs.
Ils ont été blessés dans leur chair ou dans leur âme au service de la Nation. Face au traumatisme ou au handicap, le retour à la vie civile est un combat qui ne se mène pas seul. Si l’institution assure le soin, la Fondation Résilience assure la reconstruction par l’action et l’entreprise.
Un triptyque gagnant : Blessés – Jeunesse – Entreprises
Notre mission est claire :
la réinsertion professionnelle et sociale de nos blessés via un accompagnement sur mesure.
Notre mission est claire : la réinsertion professionnelle et sociale de nos blessés via un accompagnement sur mesure.
La Fondation Résilience réalise un programme complet pour le blessé, de son accueil et son hébergement, jusqu’à sa réinsertion professionnelle, en passant par une formation qualifiante et reconnue. Au cours de cette formation, le Résilient est un formateur auprès de la jeunesse, et l’expérience humaine du Résilient constitue une plus-value reconnue et recherchée par ceux qui encadrent au quotidien cette jeunesse en grande difficulté.
Nous sommes convaincus que la rencontre entre le monde du service public engagé et le monde économique est une source de richesse mutuelle inestimable. Les entreprises partenaires sont le 3e pilier du triptyque gagnant, en pouvant intervenir à chaque étape du programme Résilience.
Pourquoi votre entreprise a besoin de nos « résilients » ?
S’engager aux côtés de la Fondation Résilience, c’est bien sûr répondre à un enjeu sociétal majeur. C’est aussi insuffler au sein de vos équipes des valeurs de dépassement et de cohésion. Notre collaboration s’articule autour de trois axes concrets :
Le partage d’expertise : Nos blessés interviennent dans vos organisations pour des conférences sur le handicap invisible, la gestion du stress post-traumatique et la résilience. Ces témoignages transforment votre culture d’entreprise, la rendant plus humaine et inclusive.
L’immersion et le leadership : Nous proposons à vos collaborateurs des stages immersifs. Sortir du cadre pour se confronter à l’adversité et à la force du collectif permet de renforcer le leadership et la capacité de vos cadres à faire face aux défis quotidiens.
Le mentorat : Vos collaborateurs deviennent des guides pour nos blessés en formation, garantissant une réinsertion réussie dans le tissu économique local.
Un réseau national en pleine expansion
Déjà présente en Hauts-de-France et en AURA, la Fondation déploie actuellement ses antennes en Île-de-France, PACA et dans les Pays de la Loire. Des leaders comme la FondationSafran, Martin Belaysoud, STID, Q-Park, le groupe SEB, Café Folliet, la Fondation SNCF ou la Fondation Décathlon nous font déjà confiance.
Le MEDEF, partenaire de la première heure, soutient notre démarche car elle incarne l’entreprise citoyenne : celle qui ne se contente pas de financer, mais qui agit.
Bruno Rodriguez – Résilient
Thibaud Calatayud – Résilient
Rendez-vous à La REF !
Que faisons-nous pour ceux qui ont tout sacrifié pour que nous puissions entreprendre en sécurité ? À la Fondation Résilience, nous avons choisi d’agir avec vous. Nous vous attendons nombreux à la REF (Rencontre des Entrepreneurs de France) fin août, sur le stand de la Fondation. Venez découvrir comment, ensemble, nous pouvons transformer une blessure en une force nouvelle pour vos équipes et pour la France.
Nous croyons que notre action ensemble fera grandir la résilience de notre pays.
Loïc a 48 ans. Divorcé, il a d’abord servi pendant onze ans et demi dans l’armée il était rattaché au 2eme Régiment de Dragon à l’Escadron d’éclairage et d’investigation de la 2e Brigade blindée (EEI2). Après sa carrière militaire, il a travaillé durant onze ans dans une société de logistique, avant d’être licencié pour raisons de santé, liées à un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) aggravé par une dépendance à l’alcool.
Son stress post-traumatique est suite à une mission en Côte d’Ivoire. Déployé pour renforcer un checkpoint légionnaire à Douékoué, il se retrouve dans une situation inhabituelle. Pilote de formation, il est contraint ce jour-là de sortir de son véhicule pour observer une zone que son chef de bord et son tireur ne pouvaient pas couvrir. C’est alors qu’un individu armé d’un RPG-7 le met en joue et ouvre le feu. Loïc réagit en tirant à son tour.
Loïc en tenue de cérémonie
Les conséquences psychologiques apparaissent trois ans plus tard. Déjà engagé dans un mariage, il devient progressivement ingérable. À l’époque, personne ne met de mots sur son état. Son comportement est perçu uniquement à travers son alcoolisme, laissé sans encadrement.
En 2006, un médecin militaire de Metz pose enfin le diagnostic de stress post-traumatique (SPT), donnant une explication à son mal-être.
C’est un ancien collègue de l’armée qui lui fait découvrir la Fondation Résilience.
Face à ses difficultés d’adaptation à la vie civile, il l’encourage à prendre contact avec Geoffroy HODICQ, président de la Fondation Résilience. Cette rencontre marque un tournant décisif. Depuis, Loïc affirme vivre « la plus belle vie » qu’il ait connue.
Son ressentie à la Fondation Résilience
Au sein de la Fondation Résilience, la cohésion entre les membres joue un rôle essentiel. Tous anciens militaires, ils partagent une culture commune et une compréhension implicite. Les échanges sont nombreux, mais ne portent pas directement sur le stress post-traumatique. Le lien se fait autrement, parfois sans mots : un simple regard suffit. En dehors des temps de formation, certains membres restent en contact régulier, s’appelant une à deux fois par semaine pour prendre des nouvelles.
Aujourd’hui, Loïc souhaite à son tour s’investir pour le fonds de dotation Résilience, afin de transmettre ce qu’il a reçu. Son objectif est également de trouver pleinement sa place dans le monde civil, notamment dans des fonctions d’encadrement.
Photo de groupe de la promotion Fondation Safran 2026.
Parmi les expériences marquantes de son parcours, l’accompagnement de personnes en situation de handicap a été une véritable révélation. Il reconnaît avoir eu des appréhensions au départ, comme beaucoup face à la différence, mais cette expérience a profondément changé son regard.
Loïc avec un jeune de l’Adapei de l’Ain.
Les effets de cet engagement sont visibles dans sa vie personnelle. Son entourage constate une transformation notable : il est plus joyeux, plus apaisé. Un moment l’a particulièrement marqué : lorsque sa fille de 10 ans lui a dit « Papa, tu souris ». Un geste simple, mais lourd de sens, puisqu’elle ne l’avait jamais vu sourire auparavant.
Cette évolution renforce encore sa motivation à avancer avec la Fondation Résilience. Sa fille, qui a longtemps subi ses colères, observe elle aussi le changement. Autrefois sujet à des accès de rage incontrôlés, il parvient désormais à mieux se maîtriser. Leur relation s’en trouve améliorée : aujourd’hui, il peut l’accueillir pendant quinze jours, là où auparavant il n’aurait pas supporté plus de deux jours.
Loïc et Ilan de la promotion Fondation Safran 2026 lors du stage avec l’Adapei de l’Ain à Mijoux.
Pour Loïc, le fait de parler et de partager est aussi bénéfique pour celui qui s’exprime. Et s’il devait conclure, il tient avant tout à exprimer sa gratitude envers la Fondation Résilience, ainsi envers ceux qui prennent le temps de lire son histoire et de la relayer.
La Fondation Résilience est en partenariat avec l’Adapei depuis ses débuts. Pour l’Adapei, ces stages sont essentiels pour leurs publics, car ils permettent de montrer concrètement que le handicap n’empêche pas de se dépasser et de vivre des expériences nouvelles. À travers des activités comme la topographie, le bivouac ou d’autres apprentissages en pleine nature, les participants gagnent en confiance, en autonomie et en estime de soi.
Ces moments sont aussi l’occasion de sortir du cadre habituel, de créer du lien, de développer l’entraide et de prouver que chacun, quelles que soient ses difficultés, est capable de relever des défis et de progresser.
L’Association départementale de parents et d’amis des personnes handicapées mentales (ADAPEI)
L’Adapei est une association qui accompagne les personnes en situation de handicap intellectuel et soutient leurs familles au quotidien.
Elle les aide à être scolarisées, à travailler, à vivre de manière plus autonome et à s’intégrer dans la société. Elle gère aussi des établissements spécialisés et défend leurs droits.
Chaque Adapei est locale (par département) et fait partie du réseau national de l’Unapei.
Pourquoi est-ce un partenaire important pour la Fondation Résilience ?
L’Adapei est un partenaire qui compte pour la Fondation car il montre qu’un handicap physique ou mental n’empêche pas les personnes de faire des activités avec nos membres. Mais aussi il est important car nos membres sont touchés par ce public.
Les bienfaits des ses stages sur les blessés de la Défense
Ces stages permettent à chacun de se sentir à sa place, dans un cadre bienveillant et sans pression du jugement. Les membres de la Fondation Résilience ont la chance de partager ces moments avec le public de l’Adapei, car ils y trouvent une relation simple et authentique, sans regard porté sur leur parcours ou leurs blessures.
Cette rencontre crée un échange humain fort : d’un côté comme de l’autre, elle montre que, malgré des difficultés différentes, handicap ou stress post-traumatique, il est possible de se comprendre, de s’entraider et de progresser ensemble.
Membres de la Fondation Résilience
Comment cela peut aider nos vétérans et les membres de l’Adapei ?
Dans un premier temps, nos membres prennent de nouveau confiance en eux, confiance qu’ils ont pu perdre lors de différents moments de leur vécu.
Chacun de nos membres a son histoire et ses difficultés survenues à la suite de sa blessure. Et c’est là que les stages de la Fondation Résilience arrivent et permettent d’aider nos vétérans à se reconstruire, avec la jeunesse, mais également avec d’autres blessés avec qui échanger et avancer ensemble.
Nos actions sont mises en place pour les aider à se remobiliser et réussir à retrouver cette flamme en eux. Leur envie de servir est toujours présente chez eux, une envie de construire un monde meilleur, plus uni, avec des valeurs fortes.
Dans un second temps, cela les aide à se renforcer mentalement. Ils partagent leurs blessures et leurs parcours auprès des jeunes. Ils installent un lien de confiance avec eux.
Quant aux membres de l’Adapei, ils sont bienveillants envers les membres de la Fondation Résilience, ils ne font pas de remarques, et plus que tout, ils comprennent leur blessure.
Les stagiaires participent activement à la remobilisation des vétérans durant ces stages, en étant simplement eux-mêmes, en permettant à nos membres de continuer à servir.
Pour eux, ce sont des bons moments qu’ils passent avec la Fondation Résilience. Pour certains, c’est leur 3e stage à nos côtés et ils ont déjà hâte de revenir !
L’un de nos membres de la promotion Fondation Safran, avec un jeune de l’Adapei.
Au sein de la Fondation Résilience, chaque membre a sa place pour progresser et évoluer. Nous sommes là pour vous accompagner, vous aider, quelle que soit votre blessure.
Isabelle est sophrologue et praticienne en thérapies manuelles (réflexologie plantaire et méthode Knap). Installée à Brénod, elle accompagne la Fondation et ses “Résilients” depuis trois ans. Son approche, ancrée dans la bienveillance et la globalité du corps, offre une voie complémentaire essentielle pour traiter le Syndrome de Stress Post-Traumatique (SPT).
Isabelle sophrologue aux côtés de la Fondation Résilience
La Sophrologie : Un entraînement vers l’apaisement
La sophrologie n’est pas une solution miracle instantanée, c’est un véritable entraînement quotidien.
Isabelle – Sophrologue au sein de la Fondation Résilience
L’objectif : Apprendre à prendre de la distance avec son syndrome pour alléger les symptômes ou apprendre à vivre avec.
La méthode : Un travail régulier, en séance et à la maison, pour désamorcer l’état de vigilance extrême propre au SPT.
Le symbole : Elle compare le SPT à une corde à nœuds. Il faut prendre le temps de les dénouer un à un, en remontant jusqu’à la racine, parfois jusqu’à l’engagement militaire initial.
L’accent sur la prévention : Isabelle souligne l’importance cruciale de la préparation mentale avant l’entrée dans l’armée. Le corps est entraîné, mais l’esprit doit l’être tout autant.
Un engagement de cœur et de confiance
Le lien entre Isabelle et la Fondation est né d’une rencontre humaine avec Frédéric Lafond, puis avec Geoffrey. Plus qu’un partenariat professionnel, c’est une histoire d’amitié et de confiance mutuelle. Profondément touchée par la cause des blessés pour des raisons personnelles et familiales, elle admire l’empathie et l’énergie que Geoffrey déploie pour les autres.
De “Victime” à “Acteur de sa vie”
Le défi : Sortir du statut de victime pour redevenir acteur de son quotidien.
La réussite : Pour certains, l’autonomie est retrouvée en moins d’un an, un moment qu’Isabelle qualifie de “magnifique”.
L’approche : Elle assume une dimension de “câlinothérapie” (accompagnement bien-être). Pour elle, cette douceur maternelle est indispensable pour réparer les nuits hachées par les cauchemars et les pensées en boucle.
Un message aux futurs blessés que tu vas accompagner ?
“Il faut tout essayer pour aller mieux.”
Isabelle – Sophrologue au sein de la Fondation Résilience
Isabelle encourage les Résilients à explorer des alternatives aux seuls traitements médicamenteux. Même en cas de doute ou de prudence face à la pratique :
La sophrologie est désormais reconnue en milieu hospitalier et remboursée par de nombreuses mutuelles.
C’est un espace pour apprendre à baisser la garde et à faire confiance, une étape clé pour sortir du schéma de vigilance extrême.
Une semaine au cœur d’un stage avec la Fondation Résilience et l’Adapei de l’Ain
Le stage avec l’Adapei de l’Ain a eu lieu à Mijoux du 9 février au 15 février 2026. Les membres de la Fondation Résilience ont pu accueillir 3 groupes différents avec des âges différents, cela permet d’adapter l’accompagnement en fonction des personnes et de leurs âges.
Du 9 au 11 février, nous avons eu des jeunes en situation de handicap entre 13 et 19 ans, nous avons fait plusieurs activités comme du secourisme, de la topographie, des balades en raquettes et plein d’autres choses. Cela leur permet de travailler en équipe et de créer une cohésion avec les jeunes qui sont issus d’autres centres. Nous cherchons avant tout à créer une cohésion entre les personnes, afin de créer des liens forts qu’ils pourront garder après le stage. Des liens que nous créons également entre les membres du stage et nos résilients, qui sont au même titre que la jeunesse, en reconstruction. Une semaine qui permet à nos vétérans de retrouver un sens à leurs actions, de retrouver un sens au mot servir.
Journée type :
8h : Réveil et petit déjeuner, le petit déjeuner a été préparé en amont par l’un des jeunes de l’ASE (aide sociale à l’enfance) que nous accompagnons au quotidien depuis plusieurs mois afin de l’aider.
9h : Activité topographie, gérée par Loïc et Manu, membres de la Fondation Résilience de la promotion Fondation Safran.
10h : Activité secourisme, enseignée par Isabelle Duchemin et Emmanuel. Ils ont montré aux jeunes comment effectuer un appel auprès des secours, détaillé les informations afin qu’on puisse nous trouver, de quoi communiquer aux pompiers, SAMU ou tout numéro d’assistance chaque information qui peut sauver une vie. Ils ont également appris à effectuer une position latérale de sécurité. Nos membres sont entièrement formés au secourisme, diplômés dans cet enseignement.
12h : Repas
13h : Temps calme, bienfaits pour les membres et aussi pour la jeunesse, cela leur permet de prendre un temps de pause après la matinée d’échange avec des membres. Il est essentiel de prendre des temps pour soi, se calmer, faire le vide particulièrement après avoir vécu une blessure, ou avec un stress post-traumatique. La Fondation Résilience est par ailleurs suivie par une sophrologue afin de travailler sur cette harmonie entre le corps et l’esprit.
14h : Activité raquette, une activité sportive appréciée par tous les jeunes.
16h : Jeux de société, après la sortie en raquette et pour faire un temps de pause avec des membres, les jeunes ont pu faire des jeux de société.
18h : Temps libre, cela a pour but d’avoir un temps avant le repas.
19h : Repas
20h : Temps calme, après le repas nous avons organisé un temps calme, un temps d’échange, de jeu avec des jeunes et le staff.
22h : Coucher
Les bienfaits de ce stage sur les membres blessés de la Défense de la Fondation Résilience sont la prise de confiance en soi, le partage de connaissances, l’apprentissage, et plein d’autres actions. Les membres de l’Adapei de l’Ain en situation de handicap, les bienfaits sont le bien-être, la confiance envers les membres, le respect, ils sont au même niveau que tout le monde, on ne les juge pas.
Photo de Loïc, membre de la promotion Fondation Safran à la Fondation Résilience, accompagné de deux jeunes de l’Adapei de l’Ain.
J’ai trop aimé ce stage, c’était top !
un membre de l’Adapei de l’Ain
Du 11 au 13, nous avons eu des adultes de l’Adapei de l’Ain pour un stage de 3 jours. Ce stage leur permet d’apprendre des choses sur le secourisme, de faire des balades en raquettes et plein d’autres activités.
Journée type :
8h30 : Réveil
9h : Petit déjeuner
10h : Activité secourisme / bivouac, les membres ont créé deux groupes pour faire des ateliers bivouac et secourisme. En bivouac, ils ont vu comment faire des nœuds et en secourisme, ils ont vu l’appel auprès des secours et la position latérale de sécurité.
12h : Repas
13h : Temps de repos
14h : Randonnée / raquettes, ils ont eu la chance de faire des activités de raquettes avec Manu et un jeune de l’ASE, mais aussi une balade raquettes randonnée avec Isabelle DUCHEMIN et d’autres membres de la promotion Fondation Safran.
16h : Goûter
18h : Temps calme
19h : Repas
20h : Temps calme
22h : Coucher
Photo des membres de l’Adapei durant le cours de nœuds.
Et du 13 au 15, nous avons accueilli des jeunes en situation de handicap entre 20 et 30 ans. Ce week-end leur permet d’apprendre de nouvelles choses et de créer de la cohésion.
On fait de nouvelles choses, on sort, on rigole, on se fait de nouveaux amis. Je me sens bien avec eux.
Membre de l’Adapei de l’Ain
Manu membre de la promotion Fondation Safran à la Fondation Résilience en train d’apprendre à un jeune à faire un nœud.
En une semaine, à Mijoux, bien plus que des activités ont été partagées, ce sont des regards, des expériences et des fragilités qui se sont rencontrés. Entre les jeunes et les adultes de l’Adapei de l’Ain et les membres de la Fondation Résilience, chacun a trouvé sa place, à égalité, dans l’action et dans l’écoute.
Ces stages ne sont pas seulement des parenthèses hors du quotidien. Ils sont des espaces de reconstruction, de transmission et de confiance retrouvée. Les personnes en situation de handicap y découvrent de nouvelles capacités, gagnent en assurance et tissent des liens durables. Nos blessés, eux, renouent avec l’essentiel : servir, transmettre, protéger. Dans chaque atelier de secourisme, chaque pas en raquettes, chaque moment de calme partagé, c’est une forme de résilience collective qui se construit.
Le partenariat historique avec l’Adapei de l’Ain illustre pleinement cette conviction : la force du collectif permet à chacun d’avancer. Voir ces sourires, entendre ces mots simples et sincères, nous rappelle pourquoi nous nous engageons.
La suite de cet article à découvrir prochainement sur notre site.
“Permettre à nos blessés de continuer à servir est la plus noble des reconnaissances.”
Ludovic, 17 ans, est entré à l’Armée de l’Air et de l’Espace, puis au Commando Parachutiste de l’Air no 10, en tant que moniteur parachutiste. Il a fait les sélections CPA 10, il avait pour but de devenir sniper. Il a fait tous ses monitorats, commandos, brevet parachutiste militaire…
Puis en 2003 Ludovic est parti en Afghanistan avec son régiment CPA 10.
Après son service en Afghanistan, son esprit est resté là-bas avec sa légende Victor. Il est resté en mode survie, reptilien, avec sa fausse identité. Pendant 20 ans il a joué le caméléon, il a eu plus de 25 métiers comme par exemple : sécurité privée, protection rapprochée, etc.
Quand tu tombes dans le mensonges tu fais que ça.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Puis il a fait 3 mois dans le noir chez lui, en dépression totale, ce sont des amis militaires qui lui ont dit qu’il fallait agir. Grâce à eux, il a vu un psychiatre militaire, (le Dr Colsta). Avec le temps, un feeling s’est mis en place et a commencé la longue route de la guérison.
Jusqu’au jour où il a découvert la Fondation Résilience, par un post de Mathieu Guyard, Résilient et membre de la Fondation Résilience. Il a contacté Mathieu en privé, qui a directement pris les choses en main et lui a dit qu’il ne pouvait pas le laisser comme ça, et l’a directement mis en contact avec Richard Zirmi, vice président de la Fondation Résilience.
Richard Zirmi est comme un deuxième père, il a un respect énorme pour lui, il est toujours bienveillant, fait absolument tout ce qu’il faut pour Ludovic quoi qu’il arrive. C’est comme ça qu’il a connu la Fondation Résilience et ce fut le plus beau jour de sa vie. La Fondation Résilience a tout fait pour accompagner Ludovic dès les premiers échanges, en commençant avec une prise en charge de ses déplacements pour les divers rendez-vous médicaux.
Photo de Ludovic à l’armée
Photo de Ludovic lors du stage à Fréjus
Pour moi, la Fondation Résilience, c’est devenu ma vraie famille, j’y serai encore longtemps.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Il fait du coaching avec Mathieu Guyard et Richy également pour lui permettre de se lâcher émotionnellement, ce qui fait beaucoup de bien aussi. Grâce à eux, il est content, ils l’ont aidé à devenir qui il est, grâce au travail commun entre la Fondation Résilience et les personnes du domaine médicale qu’une amélioration significatif à pu voir le jour.
C’est grâce à ça que je suis l’homme que je suis maintenant : honnête, sympathique, la tête haute.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Ludovic aimerai bien passer à la Fondation Résilience les formations médicales opérationnelles, pour avoir sur la zone ouest un formateur pour les stages là-bas. Il aimerai vraiment travailler dans la partie médicales et c’est ainsi qu’il veux apporter son aide à la Fondation Résilience et aux personnes dans le besoin.
Peux-tu revenir sur ta blessure ?
J’ai de la colère, de la tristesse, de la honte, mais je me pardonne. Il y a une grosse différence entre ma légende « Victor » et Ludovic, que je suis vraiment.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Il l’a vécue avec colère ; il aurait pu aller mieux plus tôt, mais il n’a pas réussi. Le SPT a tout retardé. Il fait l’effort de tenir le coup avec ses orteils, mais si ça ne marche pas, ils vont les lui enlever. Il se dit qu’il y a pire que lui : ce ne sont que deux orteils. Le plus gros souci est dans sa tête.
Avant, il n’avait aucune émotion, et maintenant il se sent revivre. Avant, il n’avait pas tout ça ; il pouvait regarder un film et avoir les larmes aux yeux. C’est comme s’il avait 17 ans et qu’il se retrouvait comme avant. Aujourd’hui, oui, il est en Stress Post-traumatique, il y a des hauts et des bas, mais grâce à la Fondation Résilience, il peut se lancer dans des projets, aller vers l’avenir et notamment vers la zone ouest de la Fondation Résilience.
J’ai adoré faire le Spartan avec les SEALS, pour les blessés, pour les vétérans et pour la Fondation ! J’aime le côté sportif et challenge, mais le côté humain et don de soi est pour la Fondation.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Il ne peut qu’être reconnaissant envers cette famille et cette Fondation. Il lit, il marche, il est actif ; son cerveau va mieux, il est actif. Il sait qu’il est Ludovic, il n’est pas Victor.
Aujourd’hui mon oxygène, c’est la Fondation.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
La relation avec ses enfants
Il a toujours eu une excellente relation avec ses enfants, très fusionnelle. Ils ont vécu et vu leur père en stress post-traumatique ; ça a été très dur pour eux, car ils n’avaient pas l’image réelle de leur père en forces spéciales, etc. Pour eux, quand ils viennent à la clinique, c’est comme s’il avait été à nouveau touché. Mais son travail sur lui-même a permis d’avancer, de bien leur expliquer la mission, et maintenant ils sont heureux pour lui. Ils sont contents de voir qu’il redevient le papa original. Ils seront pupilles de la Nation une fois que tout sera terminé, une fois qu’il aura reçu la médaille des blessés de guerre suivi de la médaille militaire. Pour son fils, c’est important d’avoir cette reconnaissance. Son père à lui était militaire ; ils ont toujours un peu connu ce monde-là.
Photo avec le père de Ludovic à gauche et Ludovic à droite
Photo de Ludovic et son fils à gauche
Pour eux, voir vivre le stress post-traumatique, ça les a plongés de manière difficile dans la réalité. Ils en ont beaucoup discuté, il faut parler de cette maladie, c’est très important.
Les valeurs qu’il défend
Les valeurs de la Fondation Résilience, pour un blessé de la Défense ou un vétéran, ça met beaucoup de choses en place, ça nous permet de nous sentir compris. Il y a un élan qui est en train de se passer avec la Fondation qui n’est pas négligeable, qui donne beaucoup d’avancées dans beaucoup de domaines.
En ayant fait 3 ans avec des jeunes en stages de rupture, je vois que ce que propose la Fondation aurait dû être fait depuis longtemps.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Engager leurs valeurs et leurs codes auprès de ces jeunes-là, c’est super intéressant. Il part de son point de vue ; il est conscient qu’il a des émotions, qu’il ressent quelque chose, et il veut transmettre cela.Ils sont anciens militaires, oui, mais ils sont civils maintenant ; il faut faire la part des choses. Ils ne sont plus dans les codes liés aux militaires. Il est très important pour lui de pouvoir apporter leur savoir-faire, mais avec une pédagogie simple, linéaire, une pédagogie de l’émotion et beaucoup d’humain. Comme il l’a dit dans le Nord aux jeunes : « Vous êtes des anges pour nous, ça nous permet de nous reconstruire aussi. »
Sur le stage de Fréjus, j’ai pleuré devant des jeunes et j’ai totalement assumé.
Ludovic, membre de la Fondation Résilience
Les jeunes arrivent avec leur personnalité et repartent généralement avec une personnalité qu’ils ne connaissaient pas. Pour eux, les vétérans SPT, c’est extrêmement enrichissant de pouvoir avoir cette relation et de se dire : « Mince, on doit les aider, on ne peut pas laisser ces nouvelles générations seules. On est à 80 % de réussite quand même, c’est pas négligeable ! »
Et puis pour lui, Geoffrey, c’est le respect et l’humilité. Geoffrey est humble ; il a des émotions qu’il n’arrive pas à montrer, mais on les comprend.
Chaque vétéran peut apporter son savoir-faire et son savoir humain. Plus les vétérans auront leurs émotions capables de s’exprimer honnêtement et sincèrement, mieux ce sera. Pour l’histoire, pour partager leur vécu : chacun a son histoire militaire, et ça fait partie de la Fondation de pouvoir exprimer ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils sont aujourd’hui.
Ludovic à gauche, Vétéran Jean-Claude Moïse au milieu et Farid de la promotion Fondation Safran à droiteà Fréjus.
Message à faire passer
Vous devrez aider la Fondation Résilience par n’importe quel moyen. On a besoin de cette Fondation, elle est là pour nous, il faut être là pour elle !! Ce n’est pas qu’une simple Fondation, c’est une famille qui est là pour les jeunes, pour les civils, pour les entreprises, elle est là pour tous et toutes.
Mathieu Guyard, ancien chasseur alpin au 13e bataillon, engagé en 2005 en tant que simple soldat.
Il a fait une formation d’auxiliaire sanitaire en 2008, qu’il a beaucoup appréciée.
Par la suite, Mathieu a fait une formation de formateur de formateurs. Il coordonnait les formations dans différentes compagnies, il mettait lui-même à jour les outils pédagogiques ainsi que les gestes de secours.
2019
Il est parti en arrêt maladie suite à une mission en Afghanistan en 2010.
Il a reçu beaucoup d’aide de la part de la cellule d’aide aux blessés, et il tient à les remercier. Il sait que certaines personnes n’ont pas eu cet accompagnement. Il faut toujours être dans l’armée pour avoir accès à cette aide (il faut se rapprocher des offices nationaux des anciens combattants si l’on souhaite obtenir ces aides sans être encore dans l’armée).
Suite à de nombreux obstacles, il a réussi à se soigner. Se soigner tout seul, c’est quasiment impossible.
J’ai mis plus d’un an à accepter mon problème, et c’est en 2020 que j’ai décidé de me faire suivre et de faire des séances d’EMDR.
Mathieu Guyard – membre de la Fondation Résilience, Résilient de la promotion STid
Suite à la lecture d’un livre Le corps n’oublie rien, ce livre l’a vraiment aidé à prendre conscience qu’il y avait quelque chose à faire. Il est écrit par un médecin, spécialiste du SPT, militaire ou non, qui explique parfaitement le processus pour aider les personnes en SPT. Dans son livre, il parle de cette méthode ; au début, il n’y croyait pas, mais il a tout de même essayé !
Il est parti sur 20 séances, et au bout de 3 séances, il en a pris plein à la gueule : c’était plutôt douloureux. Au bout de 6 séances, il a hésité à arrêter. Finalement, il a continué jusqu’à dépasser les 30 séances. Ça l’a débloqué sur beaucoup de choses. Depuis peu, il ne se reconnaît plus ; il sent qu’il y a une différence, mais il se sent beaucoup mieux !
Il m’a vraiment aidé à comprendre ce que j’avais, il faut connaître son ennemi pour savoir comment le battre, je voulais comprendre ce qui se passait.
Mathieu Guyard – membre de la Fondation Résilience, Résilient de la promotion STid
Rencontre avec la Fondation Résilience
Mathieu a rencontré la Fondation Résilience par pur hasard. La CABAT organisait un stage de médiation canine pour voir s’il pouvait prendre un chien pour l’accompagner au quotidien. Plusieurs études démontrent les aspects positifs que les chiens peuvent avoir sur les personnes. Au départ, il ne voulait pas vraiment prendre de chien ; c’était difficile, mais il est tout de même reparti avec une chienne !
Elle me permet de sortir, je suis moins enfermé, ça me fait une présence au quotidien. Je recommande le chien si une personne a des soucis suite à des blessures traumatiques, ça aide à sortir, à socialiser, etc.
Mathieu Guyard – membre de la Fondation Résilience, Résilient de la promotion STid
Il a sympathisé avec l’un des formateurs, Fred, qu’il voit régulièrement : chaque mois, Fred vient vérifier si le chien et lui vont bien. Autour d’un café, Fred lui parle de Geoffrey HODICQ et de son projet de Fondation Résilience.
Il lui a fallu un moment avant d’avoir le courage d’appeler. Il est finalement tombé sur Geoffrey HODICQ, qui l’a invité gratuitement à un stage. Il ne pouvait pas refuser la proposition de Geoffrey HODICQ, car c’était dans sa région, avec une formation pour devenir éducateur sportif et pour pouvoir servir à nouveau…
Il a finalement intégré la Fondation. Il y retrouve une équipe, une cohésion qui le sortent de son quotidien!
Avec de belles valeurs, ça a du sens d’aider ces jeunes !
Mathieu Guyard – membre de la Fondation Résilience, Résilient de la promotion STid
Quand on regarde certaines personnes, elles n’ont pas conscience des problèmes actuels, de l’écologie, de la pollution, etc. Nous avons le pouvoir de sensibiliser la jeunesse à ces choses, c’est notre devoir d’offrir un avenir meilleur.
Lors de son premier stage, il a fait la PACA, puis plusieurs autres stages KIDS où il a pu être encadrant, où il a commencé à reprendre les ateliers secouristes. Ça lui a rappelé l’époque où il s’était perdu.
Mathieu Guyard avec un jeune suite à un stage
Formation avec la Fondation Résilience
Ce qui est difficile, c’est de retrouver un rythme de travail. Ils étaient la première formation, ils ont donc dû faire avec les erreurs des « premiers ». Ce n’est pas facile d’être évalué, d’avoir la pression de réussir ou non ; ils pensaient que ce serait facile, mais c’est plutôt difficile ! Reprendre les cours après tant d’années, ce n’est pas aisé.
Mais c’est une période pleine de bons souvenirs : la camaraderie, les rires, les petites chamailleries ! Il a de supers souvenirs à table : on y retrouve un peu l’ambiance de l’armée, mais en beaucoup plus soft.
Mathieu Guyard et Henrique Miranda membres de la Fondation Résilience et de promotion STid
Avant de trouver la Fondation Résilience, il ne savait pas du tout ce qu’il voulait faire ; même durant les premiers stages, il ne savait pas exactement où il voulait aller.
Geoffrey HODICQ lui a permis d’évoluer dans d’autres domaines avec OPS Coaching. Faire des stages avec la Fondation, c’est bien, mais il ne peut pas faire ça tout le temps.
Création de son auto-entreprise
Il avait peur de ne pas avoir suffisamment de temps pour la Fondation ; avec OPS, il peut se lancer dans l’entrepreneuriat. Il a déjà aidé un proche à développer un projet du même style.
Mon frère, c’est un peu mon idole ; il s’est toujours lancé dans des projets directement, il a toujours créé un travail pour lui. Il ose toujours, c’est quelqu’un qui tire et qui ensuite regarde.
Mathieu Guyard – membre de la Fondation Résilience, Résilient de la promotion STid
Le fait de se lancer lui-même maintenant lui redonne une confiance qu’il avait perdue depuis 2018. Jour après jour, grâce à Geoffrey HODICQ, il retrouve un vrai rythme de vie. Il a eu un vrai soutien derrière lui, un vrai accompagnement : ce sont des choses qu’on n’a pas quand on reste seul dans sa “grotte”. Tomber dans une équipe aussi motivée, c’est fort ! Il n’a jamais connu de personnes aussi motivées qu’eux, à 100 %.
En 2025, Mathieu est devenu coach en accompagnement pour les personnes souffrant de stress post-traumatique. Grâce à son parcours personnel et à son expérience militaire et de formateur, il aide les autres à comprendre leur stress post-traumatique, à identifier leurs limites et à retrouver confiance en eux. Il combine des méthodes thérapeutiques, la médiation animale et l’accompagnement individuel pour offrir un soutien concret et bienveillant.
Photo de fin de stage avec les Résilient.es, accompagné.es par les stagiaires
La Fondation Résilience a collaboré avec la Xtreme Academy pour offrir un stage unique. Souhaitant transmettre des valeurs clés à tous les participant·es de ce stage immersif de 36 heures, cette expérience a été guidée par la cohésion, le dépassement, l’encouragement et le dépassement de soi.
Résilients et Stagiaires : Ensemble pour réussi
Le stage Military a eu lieu du 13 au 15 décembre 2024. Un stage où la Xtreme Academy a pu accueillir des stagiaires venus des quatre coins de la France.
Lors de cet événement, nous avons mis en place un partenariat entre la Xtreme Academy et la Fondation Résilience, une collaboration où les Résilients et Résilientes en formation ont pu mettre en avant les compétences acquises lors de leur formation à l’AMN (Autonomie en Milieu Naturel).
Cette formation est dispensée par Henrique, directeur de la formation au Centre d’expertise, de recherche et de formation sur l’autonomie en milieu naturel et en situation dégradée. Il est également directeur de stage pour la Fondation Résilience dans le département de l’Ain.
Durant ce stage, les Résilients et Résilientes n’étaient pas de simples participants. Leur mission était d’être binômés avec des stagiaires et de les accompagner dans la réalisation des différentes épreuves.
Le stage a débuté par une immersion dans une eau glacée, sous un froid hivernal mordant. Dès la première heure, les équipes ont été trempées, une condition qui les a accompagnées jusqu’à la fin de l’expérience. Cet exercice a rapidement permis de tisser des liens solides au sein des binômes, instaurant une confiance et une cohésion indéfectibles.
La bienveillance des Résilients et Résilientes tout au long de ces épreuves n’a fait que renforcer la confiance des stagiaires envers les membres de la Fondation Résilience.
Ces situations dégradées ont offert l’opportunité d’appliquer en temps réel ce que Henrique leur a enseigné durant leur formation au sein de la Fondation Résilience. Une nouvelle preuve que, malgré une blessure physique ou post-traumatique, nous avons toujours la force de servir, d’accompagner et de transmettre des valeurs essentielles.
Photo prise lors d’un cours de topographie durant le stage
Henrique et Les Résilients : Une Histoire de Croissance et de Soutien
Pour nos Résilients et Résilientes, il peut être difficile d’évoluer en groupe avec des personnes issues du monde civil.
L’ensemble des membres de la promotion “Fondation Safran” vient du milieu militaire et est également touché par des blessures physiques ou post-traumatiques. C’est pourquoi il est essentiel pour nous de leur offrir une opportunité de reconnexion avec un public qui peut leur sembler éloigné. Comme toujours, cette expérience nous réserve de belles surprises.
Les modes de pensée étant différents, il a fallu adapter les échanges, trouver les bons termes et ajuster la communication pour favoriser la compréhension au sein des différents groupes. La communication joue un rôle essentiel non seulement pour transmettre des valeurs, mais surtout pour inspirer la confiance.
C’est avec une grande fierté que nous avons pu observer une évolution tout au long de l’immersion, notamment chez nos Résilients et Résilientes ayant subi un SSPT (syndrome de stress post-traumatique). Ce syndrome peut entraîner une anxiété intense, une hypervigilance, des troubles du sommeil, ou encore une tendance à éviter certaines situations rappelant des événements traumatiques.
Malgré ces défis, tous et toutes ont réussi à faire un pas important : accorder leur confiance. C’est une avancée précieuse vers la reconstruction et la réinsertion dans le monde civil.
Les Résilients et Résilientes ont su toucher les participants de ce défi sportif par leur histoire et leur parcours. Ces moments d’échange hors du temps ont permis de sensibiliser à la cause des blessés de guerre.
Sur la gauche trois participants et sur la droite deux Résilients en formation
Le Stage Qui Forge la Résilience
Toutes les personnes ayant participé à ce stage peuvent être fières, tant les stagiaires que les Résilient·es. Chaque activité a été pensée pour créer des liens, renforcer la cohésion et encourager l’entraide. Sans une communication parfaite au sein des équipes, ce stage aurait été irréalisable.
Au programme : méthode naturelle, topographie, course d’orientation, mise en situation de recherche de victimes, et, bien évidemment, une large part du stage a été consacrée à l’AMN (Autonomie en Milieu Naturel), afin de valoriser les acquis de nos membres pendant ces 36 heures.
Les cours d’AMN ont été dispensés par nos Résilients et Résilientes, encadrés par leur formateur Henrique, ainsi que par des membres des promotions des années précédentes de la Fondation Résilience, comme Isabelle, membre de la promotion “Qpark”.
Durant ces cours, Henrique a pris le temps de féliciter un par un tous les membres, mais également de les remercier pour leur pédagogie et le travail effectué sur eux-mêmes depuis le début.
Je suis heureux de voir les progrès de chaque Résilient et Résiliente sur tout ce qu’ils ont vécu auparavant et de les voir grandir.
Henrique Miranda
Pour clôturer le stage, ils ont dû accomplir un parcours d’obstacles, attachés par leurs sacs, tout en répondant à des questions pour tester leur lucidité. Les Résilients et Résilientes ont été un véritable soutien pour tous les participants lors de ce parcours, en s’appuyant sur leur expérience des épreuves similaires ainsi que sur le travail en équipe.
Les Résilients en Action avec l’AMN
Les Résilients et Résilientes ont pu mettre en pratique ce qu’ils ont appris lors de leur formation en AMN, en participant activement au stage et en appliquant leurs compétences pour aider les stagiaires. Ce processus de valorisation des acquis est essentiel, car il démontre que même après avoir traversé des épreuves physiques ou psychologiques, nos membres peuvent utiliser leur vécu pour enrichir l’expérience des autres. L’AMN permet à nos Résilients et Résilientes de redonner un sens à leur expérience, de servir les autres et de reconstruire leur mission au sein de la société. Ce n’est pas simplement un apprentissage de techniques de survie ; c’est un véritable acte de résilience, qui témoigne de leur force intérieure et de leur capacité à se réinventer malgré les blessures.
En mettant l’AMN en avant, nous sensibilisons non seulement les stagiaires, mais aussi notre communauté sur les réseaux sociaux à la réalité de la guérison et de la reconstruction. L’AMN devient une passerelle vers la réintégration dans la société. Les compétences acquises, telles que la topographie, la fabrication du feu et la survie dans des conditions extrêmes, ne sont pas seulement des outils pratiques ; elles sont également des métaphores puissantes du chemin de résilience que nos Résilients et Résilientes empruntent. Ce n’est pas juste une question de savoir-faire, mais de se redéfinir soi-même, de trouver une nouvelle mission et de servir à nouveau, en s’appuyant sur des valeurs profondes.
Cette formation ne se contente pas de renforcer leurs compétences techniques. Elle permet aux Résilients et Résilientes de retrouver un sentiment d’appartenance à un groupe, de se sentir compris et soutenus par ceux qui partagent un vécu similaire. C’est cette cohésion qui leur permet de retrouver leur place dans la société. L’encadrement par des formateurs qui comprennent les enjeux des blessures physiques et psychologiques est crucial. Ils apportent non seulement un savoir-faire technique, mais aussi une bienveillance essentielle pour accompagner chaque Résilient dans sa reconstruction. Chaque activité du stage, chaque moment de partage, permet de renforcer cette dynamique de groupe, en faisant de chaque Résilient un acteur du service, capable de transmettre et d’inspirer les autres. Ainsi, loin d’être une simple formation, ce programme est une étape clé dans leur chemin de résilience, leur permettant de se reconstruire tout en rendant service à la communauté.
Ce stage a pour but d’aider à la cohésion d’équipe, de mettre en valeur les jeunes.
07H30
Le briefing du staff a eu lieu le jeudi matin vers 7h30 dans la cabine au Camp OPS, pour que tout le monde sache quoi faire et où aller. Lors de ce briefing, Geoffrey HODICQ a pris la parole afin d’expliquer chaque mission et le rôle de chaque membre du staff. Les rôles sont répartis entre chaque personne : deux personnes s’occupent de la méthode naturelle, deux personnes s’occupent de l’atelier secourisme et autres….
09H00
L’arrivée des stagiaires commence le jeudi. Les jeunes arrivent à 9h avec les professeurs de sécurité et d’autres professeurs qui veulent venir. À leur arrivée, deux membres s’occupent de noter leur numéro de groupe sur la main afin qu’on puisse les identifier. Puis une fois sur le camp OPS, ils sont placés par groupes avec un instructeur avec eux pour faire la vérification de leurs sacs. À la fin de cela, le staff se présente à eux. Puis le début des activités commence.
Photo prise lors de l’arriver des jeunes
10H00
La méthode naturelle commence, elle est encadrée par Chloé LECHARLIER et Isabelle DUCHEMIN. L’objectif de cette activité est de préparer les jeunes en faisant un échauffement musculaire, en pratiquant plusieurs activités comme des mouvements pour s’échauffer, des squats, de la course, et plein d’autres exercices. Lors de cet exercice, les jeunes ont été attentifs et ont effectué chaque exercice correctement.
11H00
Les chefs de groupes ont un brief avec Geoffrey HODICQ pour avoir les informations de la suite du stage, avec les activités de l’après-midi. L’objectif est de donner des responsabilités aux chefs d’équipes pour qu’ils puissent ensuite donner les éléments à leurs équipes.
12H30
Le repas est servi par nos deux membres chargés de la logistique, Patricia , Didier et David. Ils ont un rôle important lors de tous les stages car ce sont eux qui s’occupent de faire les courses, de faire à manger, de faire le service. Pour les élèves du lycée, le midi c’était sandwich afin d’être prêts pour les activités.
Photo prise lors de l’échauffement
13H30
Les activités ont eu lieu. Au programme : topographie, bivouac, secourisme et autonomie en milieu naturel. Ces activités ont toutes une utilité importante lors du stage car cela va leur servir tout le long du stage. La topographie a été menée par Benjamin XXX et Alexandre XXX, ils ont appris aux jeunes à lire une carte, à s’orienter. Le bivouac a été mené par Jonathan CÉSAR et Clément, ancien élève du lycée Robert Keller et actuellement en prépa concours pour devenir Pompier de Paris, leur objectif était de montrer aux élèves comment monter un bivouac et comment faire des nœuds. Le secourisme a été mené par Tojosoa et Gabriel, deux anciens élèves du lycée Robert Keller et volontaires pour aider la Fondation Résilience. Enfin, pour finir, l’autonomie en milieu naturel a été menée par Isabelle DUCHEMIN et deux jeunes encadrés par la Fondation Résilience, leur objectif étant d’apprendre aux lycéens à filtrer de l’eau, allumer un feu et …
17H30
À la fin de toutes ces activités, il y a eu un temps de repos avant d’avoir les consignes pour monter le bivouac. Chaque équipe était équipée de deux grandes bâches et de sardines pour qu’ils puissent mettre en pratique ce qu’ils ont vu dans la journée. Le staff est allé vérifier qu’ils faisaient les choses correctement.
Une fois les bivouacs montés, un peu de repos puis c’est parti pour une marche où les groupes devront trouver plusieurs balises, avec eux certains professeurs de sécurité pour échanger avec eux sans les aider.
21H00
Les jeunes sont de retour au camp OPS et vont manger un plat chaud, c’était burger + chips fait par notre staff logistique. Un plat chaud le soir pour qu’il tienne plus au corps pour la mission de nuit qui les attend.
21H30
Les jeunes se reposent dans les bivouacs qu’ils ont construits.
00H30
Jusqu’à 5h, les groupes passent pour la partie secourisme pour voir s’ils ont appris des choses durant la journée. Pour se rendre au niveau de la victime ils doivent faire une marche entre 1,5 km et 2,6 km et ce grâce à une carte qui leur a été donnée par notre staff. Lors de cette mission, 3 groupes ont été faits pour avoir 3 groupes de jeunes en même temps. Chaque personne avait des situations différentes : blessure à la jambe, amnésie et inconscience.
05H00
Vers 5h le staff qui était sur le terrain est retourné au camp OPS afin de faire un débrief avec les personnes qui étaient réveillées.
Photo d’une jeune entrain de passer un obstacle
Deux jeunes de Robert Keller durant le stage
07H00
Les élèves se sont réveillés et ont pris leur petit-déjeuner, et ils ont rangé le camp OPS. Vers 8h30, avec Léo PERRIN professeur des métiers de la sécurité et Clément, ils ont commencé à faire un échauffement musculaire pour ensuite faire la dernière activité de ce stage.
09H00
Les groupes ont effectué le parcours encordés, ils sont encordés par les sacs. L’objectif de cette activité est de voir la cohésion, l’entraide, la communication dans l’équipe. Les jeunes devaient passer les obstacles ensemble et sur certaines parties ils devaient répondre à des questions sur les activités qu’ils ont vues le jeudi après-midi. Cette activité a été appréciée des jeunes même si par moment c’était compliqué par rapport à la fatigue.
Photo de fin de stage du lycée Robert Keller en 2025
12H00
Pour finir ce stage en beauté, à 12h le repas était un barbecue, c’était un bon moment de partage pour les jeunes, les professeurs et le staff. Ils ont pu faire un retour à chaud sur leur stage.
De 12h à 12h30, pour certains élèves volontaires et professeurs, ils sont passés en interview afin d’avoir leur ressenti sur le stage.
Au départ des jeunes du lycée Robert Keller, le staff a fait un débrief également.
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Durant la formation ARPO avec la fondation Résilience, ce fut aussi difficile de marcher, le problème étant toujours là. Non loin d’un premier craquage durant la formation avec la fondation, après des heures de marche avec de la douleur, il se demande pourquoi il s’inflige cela. Il se dit qu’il ralentit le groupe, que c’est un boulet, sachant qu’avant c’était lui le plus fort, celui qui portait le sac des autres, celui sur qui on pouvait compter. Ça fait mal d’être la personne qui a besoin de cette aide maintenant. Ce fut une révélation très forte durant le stage, une chose difficile à accepter, il marchait la mâchoire serrée, regardant le sol, se disant qu’il avait mal, voyant les autres beaucoup plus à l’aise en discutant, etc. Ce décalage de ressenti et du vécu de l’expérience, c’est ce qui lui a fait prendre conscience de l’ampleur de la chose.
“Sur le moment je me suis dit que je faisais demi-tour et, à un moment donné, David me dit de ne rien lâcher. Je râlais, je me suis arrêté et je me suis dit que je n’avais pas le droit d’abandonner. Comment je peux abandonner sur de la marche pour un diplôme que je suis en train de passer alors que je fais du sport, du CrossFit ? Ça n’avait pas de sens pour moi ! Je ne peux pas faire des entraînements 6 fois par semaine, être une machine à entraînement et, sur de la marche, lâcher. C’était inconfortable, ça faisait mal mais je ne pouvais pas abandonner !”
Bruno RODRIGUEZ
Ça lui a modifié son état d’esprit cette dernière année, en grande partie grâce à Thibault de la Fondation Résilience, qui est kiné, et qui lui dit : “Tu sais, il n’y a rien de tel que la marche pour activer la pompe qu’il y a sous ton pied, pour activer le réseau de secours, ton réseau secondaire.”
Bruno lors d’un stageBruno en premier plan lors d’une marche
Servir autrement, mais servir encore
Après tout le sport que je fais, je suis en train d’aider mes artères, se dit Bruno. “Quand il m’a parlé de la marche, il avait raison, il faut que je fasse plus de marche, il faut que je me déplace plus souvent.” Parfois, j’abandonnais quand je n’avais pas une place juste à côté d’où je devais me garer, car la marche était très douloureuse pour moi. J’ai plusieurs fois lâché par le passé, à côté de ça je souhaitais au maximum limiter mes pas et ma marche.
Alors que maintenant, c’est l’inverse grâce à ces échanges : tout ce que je vais faire, c’est du mieux pour améliorer ma condition. Je maximise les efforts avec la marche, les escaliers, ce qui me fait le plus grand bien. J’ai changé ma mentalité pour tout ça !
J’ai découvert la Fondation Résilience au salon du survivalisme en mai 2023. J’aperçois, dans mon champ de vision, un drapeau français sur la manche d’un polo : c’était Geoffrey Hodicq. Nos regards se croisent, il voit ma prothèse sur la jambe, il me demande : “Blessé de guerre ?” Je lui répondis : “Non, pas blessé de guerre, mais oui, ancien gendarme.” Puis il m’explique la Fondation, sa création et son objectif. Sur le stand, j’ai donc rencontré Isabelle, Manu, Mathieu, des membres de la Fondation. L’objectif initial de ma venue, c’était vraiment pour encadrer des stages, étant déjà coach, ayant une expérience dans ce domaine. Ce qui m’a intéressé à ce niveau-là, c’est une phrase qui résonne en moi : “Militaire un jour, militaire toujours.” En juin 2021, j’ai été opéré et, en août 2021, je devais être dans la réserve de la gendarmerie (je les ai appelés après l’opération pour leur dire que ce n’était pas possible).
Et dès que j’ai vu la Fondation, je me suis dit : je peux servir à nouveau, apporter mon aide quelle qu’elle soit, en tant que coach, encadrant ou simplement par de l’écoute. C’est ça qui m’a parlé : intégrer la Fondation pour continuer à servir et apporter ma contribution.
Bruno RODRIGUEZ
Si j’avais un mot à dire aux gens qui hésitent à rejoindre la Fondation :
Pour les blessés : Ne pas hésiter. La Fondation, de par la volonté de son créateur et des gens qui sont autour, est là pour rassembler des personnes qui ont vécu le même genre de traumatisme, qui sont incomprises par d’autres. Qui sont parfois vues comme des gens en qui on ne peut plus avoir confiance ou comme des maillons faibles. Il n’y a pas de maillon faible au sein de la Fondation : tout le monde a vécu des choses difficiles et on peut se parler ensemble, se secouer les uns les autres pour aller de l’avant. On ne peut pas se regarder et se dire que c’est facile, on est conscient de la difficulté. Il y a une certaine légitimité dans les propos quand on échange avec des personnes qui ont du vécu. Ce qu’a compris la Fondation, c’est de permettre à ces militaires blessés de servir à nouveau, en offrant une formation diplômante. Une façon différente, mais une façon noble de servir. Un militaire qui a servi toute sa carrière est mis de côté après une blessure, et cela le laisse dans un état d’insatisfaction et de dépression.
Pour des personnes souhaitant accompagner la Fondation : Faites-le. Vous avez un réel accompagnement au sein de la Fondation. Ça permet de relativiser énormément sur la vie personnelle, quand on se rend compte de ce qu’ont vécu les personnes traumatisées et des séquelles qu’elles peuvent garder. Ce sont des gens qui, par vocation, ont choisi de donner leur vie pour la protection de la population. Ce sont des êtres humains avant tout, qui ont choisi de faire ça pour protéger la vie et aider les personnes. Ils méritent, comme tous les êtres humains, une vie agréable après leur carrière.
Je voudrais dire aux blessés que c’est dans l’inconfort qu’on évolue. On ne veut pas connaître cet inconfort, donc on repousse le moment d’y aller. Mais c’est en se mettant dans des situations inconfortables qu’on fait bouger les choses. Pour un blessé, ce moment inconfortable, ça peut être parler à un public, faire partie d’un groupe, sortir de chez soi, retrouver en quelque sorte une vie sociale. C’est dans cet inconfort qu’on évolue ; dans le confort, on végète.
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