Loïc a 48 ans. Divorcé, il a d’abord servi pendant onze ans et demi dans l’armée il était rattaché au 2eme Régiment de Dragon à l’Escadron d’éclairage et d’investigation de la 2e Brigade blindée (EEI2). Après sa carrière militaire, il a travaillé durant onze ans dans une société de logistique, avant d’être licencié pour raisons de santé, liées à un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) aggravé par une dépendance à l’alcool.
Son stress post-traumatique est suite à une mission en Côte d’Ivoire. Déployé pour renforcer un checkpoint légionnaire à Akouédo, il se retrouve dans une situation inhabituelle. Pilote de formation, il est contraint ce jour-là de sortir de son véhicule pour observer une zone que son chef de bord et son tireur ne pouvaient pas couvrir. C’est alors qu’un individu armé d’un RPG-7 le met en joue et ouvre le feu. Loïc réagit en tirant à son tour.

Les conséquences psychologiques apparaissent trois ans plus tard. Déjà engagé dans un mariage, il devient progressivement ingérable. À l’époque, personne ne met de mots sur son état. Son comportement est perçu uniquement à travers son alcoolisme, laissé sans encadrement.
En 2006, un médecin militaire de Metz pose enfin le diagnostic de stress post-traumatique (SPT), donnant une explication à son mal-être.
C’est un ancien collègue de l’armée qui lui fait découvrir la Fondation Résilience.
Face à ses difficultés d’adaptation à la vie civile, il l’encourage à prendre contact avec Geoffroy HODICQ, président de la Fondation Résilience. Cette rencontre marque un tournant décisif. Depuis, Loïc affirme vivre « la plus belle vie » qu’il ait connue.
Son ressentie à la Fondation Résilience
Au sein de la Fondation Résilience, la cohésion entre les membres joue un rôle essentiel. Tous anciens militaires, ils partagent une culture commune et une compréhension implicite. Les échanges sont nombreux, mais ne portent pas directement sur le stress post-traumatique. Le lien se fait autrement, parfois sans mots : un simple regard suffit. En dehors des temps de formation, certains membres restent en contact régulier, s’appelant une à deux fois par semaine pour prendre des nouvelles.
Aujourd’hui, Loïc souhaite à son tour s’investir pour le fonds de dotation Résilience, afin de transmettre ce qu’il a reçu. Son objectif est également de trouver pleinement sa place dans le monde civil, notamment dans des fonctions d’encadrement.

Parmi les expériences marquantes de son parcours, l’accompagnement de personnes en situation de handicap a été une véritable révélation. Il reconnaît avoir eu des appréhensions au départ, comme beaucoup face à la différence, mais cette expérience a profondément changé son regard.

Les effets de cet engagement sont visibles dans sa vie personnelle. Son entourage constate une transformation notable : il est plus joyeux, plus apaisé. Un moment l’a particulièrement marqué : lorsque sa fille de 10 ans lui a dit « Papa, tu souris ». Un geste simple, mais lourd de sens, puisqu’elle ne l’avait jamais vu sourire auparavant.
Cette évolution renforce encore sa motivation à avancer avec la Fondation Résilience. Sa fille, qui a longtemps subi ses colères, observe elle aussi le changement. Autrefois sujet à des accès de rage incontrôlés, il parvient désormais à mieux se maîtriser. Leur relation s’en trouve améliorée : aujourd’hui, il peut l’accueillir pendant quinze jours, là où auparavant il n’aurait pas supporté plus de deux jours.

Pour Loïc, le fait de parler et de partager est aussi bénéfique pour celui qui s’exprime. Et s’il devait conclure, il tient avant tout à exprimer sa gratitude envers la Fondation Résilience, ainsi envers ceux qui prennent le temps de lire son histoire et de la relayer.







